Automobile : les industries de montage sous surveillance

Les investissements dans les industries de montage automobile se multiplient. Il est vrai que les licences d’importations imposées depuis 2016 et qui réduisent les parts de marché des importateurs incitent les concessionnaires à mettre de l’argent dans le développement des industries liées à l’automobile. Cependant, nombreux sont les observateurs qui s’interrogent sur la qualité de ces investissements  et qui se demandent si les projets annoncés et là ne sont pas une manière de détourner les licences d’importations, par l’acquisition de véhicules en kit, en se contentant de les monter en Algérie sans la moindre valeur ajoutée. A ce propos, le ministre de l’Industrie et des  Mines a clairement expliqué  qu’il n’est pas  question de substituer l’importation de véhicules par l’importation d’équipements. Il avouera cependant qu’au démarrage les  investissements dans le domaine se limitent au montage d’équipements importés. «  Le projet de Renault, qui est le plus ancien, est à un taux d’intégration de 20 %  avec la perspective d’atteindre 40 % en 2019. Le seul autre projet mis en place est celui de Hyundai vient de démarrer.  Il à ce stade (montage d’équipements importés, NDLR). Ils le sont tous au démarrage », a expliqué M. Abdesselam Bouchouareb lors de son intervention dimanche sur les ondes de la Radio nationale.  Il n’en demeure pas moins que l’activité de montage automobile est régie par un pacte technologique qui impose aux constructeurs d’atteindre un taux d’intégration de 40 % en 5 ans  rappelle le ministre. Et d’avertir que ces unités sont mises sous surveillance que ce soit celle de Hyundai qui déjà entrée en service, ou les autres unités en cours de réalisation à l’image de celle de Volkswagen. M. Bouchouareb indique que s’il n’y a pas de montée en cadence en termes de taux d’intégration, les contrats seront rompus, ce qui aura un impact sur la part de marché de ces constructeurs.  « Il y’a un cahier des charges et qui doit être respecté par tout le monde. Un constructeur comme Hyundai a intérêt à respecter ces conditions, auquel cas il pourrait perdre des parts de marché », explique-t-il. Des conditions qui ne s’appliquent pas au secteur de l’automobile, mais aussi aux industries de l’électronique et de l’électroménager. M. Bouchouareb précise dans ce sens que les entreprises de montage dans ce secteur ont bénéficié d’une exonération fiscale de 15 %. « Or, si en constate qu’il n’y a pas de montée en cadence suffisante en terme de taux d’intégration, on réduira le taux d’exonération », précise le ministre.   Une prise de position justifié par les nombreux avantages accordées aux industries qui d’inscrivent de la politique de substitution aux importations. Outre les avantages fiscaux, M. Bouchouareb cite l’accès prioritaire au foncier industriel et au crédit bancaire.   Peugeot taclé Interrogé sur le projet d’implantation d’une usine Peugeot en Algérie, le ministre de l’Industrie et des Mines a indiqué que les discussions « continuent jusqu’à ce que les positions se rejoignent ». « On n’est pas encore dans ce cas », précisera-t-il. Une déclaration lourde de sens dans le mesure, où   le constructeur français a lancé depuis quelques jours une véritable opération de Com sur les détails techniques du futur projet, destinée, sans doute, à faire le pressing sur les autorités. La réaction du ministre démontre clairement que pour Peugeot, ce n’est pas encore gagné.  

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