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Au pays de l’informel

Screenshot from 2016-03-07 21-45-53 Par Azzedine Belferag   Une fièvre ravageuse, assez rare, s’est emparée de certaines braves gens. Dans leur crise d’hallucinations, beaucoup se sont mis à rêver être devenu Lagardère, d’autres se sont pris pour Francis Bouygues, et à défaut de devenir un Dassault, ils se sont allés monter leur chaîne télé comme apparu dans leur vision. Et depuis, il ne se passait pas un jour sans qu’on ne découvre une nouvelle TV, vite attribuée à untel ou à un autre, bien que ce secret soit resté bien gardé tout autant que l’origine de leurs financements. Mais bon, réjouissons-nous, tout de même, il y a de la multitude, de la variété et surtout un semblant d’ouverture. Une ouverture qui permet même de se surpasser en prêche, de laver plus blanc qu’Ariel, de se faire justice soi-même à coup de pubs grassement payées en ces temps de vaches maigres. Le hic, oui car il y a un hic, c’est que sur les 45 chaînes privées qui émettent chez nous à partir d’ailleurs, seules cinq d’entre elles exercent dans la légalité grâce aux bureaux accrédités, dixit Hamid Grine. Les autres, c’est-à-dire les quarante restantes - à ne pas confondre avec les 40 allègres voleurs d’Ali Baba- activent dans la clandestinité et sont, d’ailleurs, considérées comme des « chaînes pirates » par monsieur le ministre. Cet énième informel refléterait-il l’état d’esprit de l’Algérien, condamné à flirter avec la loi et ses limites ? Ô pays de l’informel ! Où vivre dans et de l’informel semble être une seconde nature. Nous nous habillons de l’informel alimenté par les containers chinois, nous consommons des aliments tout droits sortis de Semar, nos femmes se parfument et se maquillent en faisant leurs emplettes à Bab Azzoun, nous nous informons et divertissons de l’informel. Tout est donc informel y compris même l’information qui a cédé la place à la rumeur. A.B.

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