Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!

Arabie saoudite : Ryad veut rassurer les investisseurs

    L'Arabie saoudite cherche à apaiser les craintes des investisseurs en assurant que la purge anticorruption d'une ampleur sans précédent n'affecterait pas les entreprises, même si plusieurs hommes d'affaires figurent sur la liste des personnalités arrêtées. Le profil de nombreuses personnalités concernées par la vague d'arrestations, comme le célèbre prince milliardaire Al-Walid ben Talal, a laissé perplexe plus d'un investisseur. Des dizaines de personnalités de premier plan, dont des princes, des ministres, d'anciens ministres et des hauts responsables, ont été arrêtés le weekend dernier. La nouvelle a fait trembler mardi la Bourse de Ryad et d'autres places du Golfe, fait vaciller les certitudes des entrepreneurs et éveillé les risques de fuites de capitaux, selon des experts. Les autorités ont gelé les comptes bancaires des suspects et prévenu que tout actif qui serait lié à des affaires de corruption serait saisi au profit de l'État. Mardi soir, la Saudi Arabian Investment Authority (SAGIA), organisme chargé d'attirer les investissements, et dont l'ancien patron, Amr Dabbagh, est parmi les personnalités arrêtées, a affirmé que la purge aiderait à "créer un meilleur environnement pour les affaires". "Il convient de préciser que ce sont les comptes individuels (des personnes concernées) qui ont été suspendus, jusqu'à ce que des décisions de justice définitives soient rendues, et non les comptes des entreprises", a déclaré pour sa part Ahmed Abdulkarim AlKholifey, gouverneur de la Banque centrale. "En d'autres termes, l'activité des entreprises n'est pas touchée", a-t-il indiqué, ajoutant qu'il n'y avait pas de restrictions sur les transferts d'argent par les canaux bancaires légaux. Par ailleurs, le ministre saoudien du Commerce, Majed al-Qassabi, a assuré que les entreprises, y compris celles des personnes arrêtées, bénéficieraient d'une "protection totale" en vertu de la loi. Parmi les personnes détenues figurent, outre le prince Al-Walid ben Talal, Walid al-Ibrahim, propriétaire du réseau satellite arabe MBC, ainsi que le magnat de la construction Bakr Ben Laden et le milliardaire Saleh Kamal. Cette campagne intervient alors que l'Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole du monde, est confrontée à des difficultés économiques en raison de la baisse des cours du brut. L'Arabie a cumulé un déficit budgétaire de plus de 200 milliards de dollars sur trois ans et se dirige vers une quatrième année de déficit. Pour y faire face, elle a puisé dans ses réserves à hauteur de 250 milliards de dollars depuis 2014 et emprunté 100 milliards de dollars de plus. "La purge sera douloureuse à court terme, mais peut apporter des gains à long terme", a estimé toutefois M. R. Raghu, du Kuwait Financial Center (Markaz). "Cela va énerver des investisseurs étrangers mais certains peuvent y voir une mesure positive qui peut améliorer le classement du royaume quant à la facilité d'entreprendre", a déclaré M. Raghu à l'AFP. Selon lui, la purge créera de l'incertitude à court-terme, "mais si elle conduit à réduire la corruption, cela peut être un énorme avantage pour l'économie", a dit M. Raghu.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *