Ankara commence à renvoyer chez eux les terroristes étrangers de Daech

La Turquie a lancé lundi sa campagne d'expulsion des membres étrangers du groupe terroriste autoproclamé Etat islamique (EI, Daech) capturés en Syrie, en renvoyant dans son pays d'origine un terroriste américain, alors qu'Ankara ne cesse d'appeler les Européens à récupérer leurs ressortissants qui ont intégré les rangs de l'organisation extrémiste. Un terroriste américain a été déporté lundi matin de Turquie "après que toutes les démarches ont été complétées", a annoncé lundi matin le porte-parole du ministère turc de l'Intérieur Ismail Catakli. Cette opération va se poursuivre dans la journée avec le renvoi dans leur pays d'un terroriste allemand et le second de nationalité danoise, a ajouté le porte-parole. Sept autres "terroristes étrangers d'origine allemande seront déportés jeudi", d'après la même source citée par l'agence de presse turque Anadolu. Des démarches sont en cours en vue du prochain renvoi de 15 autres terroristes: 11 Français, deux Allemands, et deux Irlandais, a également annoncé le porte-parole du ministère de l'Intérieur. Le début d'expulsion de terroristes avait été annoncé vendredi dernier par le ministre turc de l'Intérieur Süleyman Soylu. "Nous commencerons à partir de lundi", avait-il déclaré lors d'un discours. "Que cela vous fasse plaisir ou non, que vous leur retiriez ou non leur nationalité, nous vous renverrons ces membres de l'EI, vos propres gens, vos propres ressortissants", avait-il martelé. Vendredi également, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait indiqué que la Turquie avait capturé 287 personnes qui s'étaient échappées de prison pour membres de l'EI en Syrie après le déclenchement de l'offensive d'Ankara dans le nord-est syrien, une opération qui avait provoqué un tollé international. Au total, ce sont près de 1.200 membres de Daech qui seraient actuellement détenus dans des prisons turques, dont une dizaine de Français, selon des médias. Ankara fustige le refus des Européens de prendre en charge leurs ressortissants Ankara appelle régulièrement les Européens à reprendre leurs ressortissants qui ont intégré les rangs de Daech en Syrie mais ceux-ci sont peu enclins à les récupérer notamment pour des raisons sécuritaires. "En ce qui concerne les (combattants) étrangers, nous allons les garder sous notre contrôle pendant encore un certain temps. Ensuite, nous les renverrons dans leurs pays", a déclaré samedi le ministre turc de l'Intérieur avant d'insister: "Nous n'allons pas pouvoir les garder jusqu'à la fin des temps (...) Nous ne sommes pas un hôtel pour les membres de Daech". Le ministre turc a, en outre, accusé plusieurs pays européens, comme les Pays-Bas et la Grande-Bretagne, de déchoir certains de leurs ressortissants de leur nationalité pour empêcher Ankara de les expulser. "Ils ont trouvé une solution facile (...) Ils disent: 'Je l'ai déchu de sa nationalité, débrouillez-vous'. C'est inacceptable de notre point de vue. C'est totalement irresponsable", a déclaré M. Soylu. Maintes fois accusée d'avoir laissé les terroristes traverser sa frontière pour rejoindre la Syrie après le déclenchement de la crise dans ce pays depuis mars 2011, la Turquie, frappée par plusieurs attentats commis par l'EI, a rejoint en 2015 la coalition anti-terroriste. Mais Ankara a été accusé ces dernières semaines par plusieurs pays d'affaiblir la lutte contre les éléments dispersés de l'EI en lançant, le 9 octobre, l'opération militaire contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), fer de lance du combat contre l'organisation Daech. L'opération militaire a été suspendue après un accord négocié par Ankara d'abord avec Washington, puis avec Moscou, le 22 octobre, même si des combats sporadiques se poursuivent. Aux termes de l'accord avec Moscou, les forces kurdes ont abandonné leurs positions à la frontière et des patrouilles menées par l'armée turque et l'armée russe, ont été mises en place. A terme, Ankara souhaite établir une "zone de sécurité" dans le nord syrien, avec l'objectif d'y installer deux millions de Syriens réfugiés en Turquie. APS

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