Allemagne: Merkel vers un quatrième mandat

Les Allemands étaient mobilisés dimanche pour des législatives qui sauf surprise devraient donner à Angela Merkel un quatrième mandat de chancelière, mais aussi se traduire par une percée aux conséquences imprévisibles de la droite nationaliste. Quelque 61,5 millions d'électeurs répartis en 299 circonscriptions ont jusqu'à 18H00 (16H00 GMT) pour élire leurs députés, selon un mode de scrutin mêlant principes majoritaire et proportionnel. La participation à 14H00, seule estimation nationale de la journée, était de 41,1%, soit quasi-stable par rapport aux 41,4% de 2013. Cette année-là, 71,5% des électeurs s'étaient rendus aux urnes. Dès la fin du vote, des sondages doivent donner une indication claire des rapports de force au prochain Bundestag, affinée tout au long de la soirée. Le chef des sociaux-démocrates du SPD, l'ancien président du Parlement européen Martin Schulz, a lui voté dès le matin. Mais il devrait se voir devancé par le camp conservateur CDU-CSU d'Angela Merkel, donné à 34-36% contre 21-22% pour le SPD. Les sociaux-démocrates risquent bien une quatrième défaite d'affilée pour n'avoir pas su incarner le changement, et alors qu'ils gouvernent avec Mme Merkel depuis 2013. Leur appel à plus de justice sociale n'a guère trouvé d'écho dans un pays en pleine croissance, avec un chômage au plus bas. La chancelière a, elle, fait campagne pour la continuité dans la prospérité, un message destiné à rassurer face à des électeurs déstabilisés par les crises du monde et les succès de Donald Trump et du Brexit. ,La CDU-CSU ne se dirige pas pour autant vers une victoire sans appel et s'approche, selon les sondages, des plus bas de 1998 (35,1%) et 2009 (33,8%). Les partis extrêmes pourraient, eux, représenter au final un quart de l'électorat, réparti entre Die Linke à gauche et l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) à droite. Les nationalistes de l'AfD se préparent en particulier à un "miracle bleu", la couleur du parti, en visant une entrée en force à la chambre des députés avec un score sans précédent pour une telle formation depuis 1945. Crédité de 11-13% par les instituts de sondage, ce parti serait alors troisième, devant la gauche radicale, les libéraux du FDP et les Verts. En 2013, il avait échoué à atteindre le seuil de 5%. Ce mouvement anti-islam, anti-élite, anti-euro n'a cessé de radicaliser son discours durant la campagne, allant jusqu'à appeler à être fiers des actes des soldats allemands durant la Deuxième guerre mondiale.    

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