Airbus dans le collimateur de la justice américaine

Le fleuron européen de l'aéronautique Airbus se trouve dans le collimateur de la justice américaine qui a ouvert une enquête pour corruption au sein du groupe, a révélé jeudi le quotidien du soir Le Monde. Selon les informations du journal, le groupe européen aurait utilisé, sans les mentionner, des "intermédiaires" dans plusieurs contrats à l’étranger, notamment en Asie, alors qu'il est déjà soupçonné pour corruption en France et au Royaume-Uni. D’autres investigations sont en cours en Inde, un pays où Airbus a signé d’importants contrats ces dernières années, a-t-on ajouté de même source, estimant que le constructeur encourt une amende "record" de plusieurs milliards de dollars et la condamnation à titre individuel de certains cadres. Sentant le feu à la maison, le conseil d’administration du groupe aéronautique avait engagé, en décembre 2017, un grand renouvellement de l’équipe dirigeante, rappelle-t-on. Selon Le Monde, le parquet américain (Department of Justice) enquête depuis fin 2017 mais n’a prévenu Airbus, qui a tout fait pour éviter cette procédure, que cet été?. Il faut rappeler que le Department of Justice, qui peut enquêter aux Etats-Unis comme à l'étranger, a déjà poursuivi les entreprises françaises Total, Technip, Alcatel, Société générale et Alstom, qui ont été condamnées à des amendes de centaines de millions d’euros. Selon les craintes d'un proche du dossier, cité par le journal, la catastrophe pour le consortium européen se traduirait par la condamnation pénale d’Airbus en tant que personne morale. Dans ce cas, il sera exclu des marchés publics internationaux pour une période de cinq ans. Un scénario où son concurrent éternel Boeing "se frotterait les mains", tout comme le chinois Comac, qui ambitionne de percer sur le marché aéronautique mondial. Il est reproché à Airbus des consultants rémunérés dans les campagnes de ventes d'avions, notamment en Chine et en Turquie, considérables comme de pratiques "litigieuses" s'apparentant à de la corruption. Par ailleurs, Le Monde révèle que la justice locale enquête, pour sa part, sur le soutien financier apporté par le groupe européen à une ONG fondée par un intermédiaire bien connu dans l’aéronautique. Selon le rapport d’enquête finalisé fin 2017 et auquel Le Monde a eu accès, Airbus SAS a signé à Paris, le 10 mai 2012, un accord avec Advantage India pour le versement de 9 millions d’euros déboursés en tranches annuelles de 3 millions d’euros. "Au final, l’ONG a reçu entre 2012 et 2015, 12,8 mil- lions d’euros des deux entreprises contre les 15 millions d’euros initialement prévus", a ajouté le journal.

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