AIE : vers une forte hausse des prix du pétrole en 2022 ?

La baisse des cours du pétrole risque de menacer  l’équilibre futur du marché pétrolier. Il est vrai que dans un contexte de recul des prix, les compagnies pétrolières ont réduit de manière drastique leurs investissements dans l’amont pétrolier. Ce qui suscite certaines craintes. C’est dans ce sens que l’Agence internationale de l’Energie a averti lundi quant au risque de voir l’offre manquer face à une consommation en hausse constante. Selon l’Agence France presse, l’AIE a indiqué dans son rapport sur le marché à cinq qu’il est nécessaire d'investir davantage dans les capacités de production pétrolière pour éviter le risque d'une forte hausse des prix du pétrole vers la fin de la période examinée", soit en 2022. Et d’expliquer que le secteur pétrolier a drastiquement réduit ses investissements, annulant ou reportant des projets, pour faire face à la chute des cours du brut qui valent actuellement moitié moins qu'à l'été 2014, après une remontée autour de 55 dollars le baril depuis la conclusion l'automne dernier d'un accord de limitation de la production par l'OPEP et onze pays partenaires. Selon l’AIE, les investissements dans les projets d'exploration-production ont subi une nouvelle coupe de 26% en 2016 pour s'établir à 433 milliards de dollars et ce, après une réduction de 25% en 2015.  Avec la stabilisation des cours, "une hausse marginale" des dépenses est attendue cette année dans le monde, portée essentiellement par le redémarrage des projets d'hydrocarbures de schiste aux Etats-Unis. Mais cela reste insuffisant.  "A moins que de nouveaux projets soient sanctionnés rapidement, l'offre n'augmentera quasiment plus à partir de 2020", a mis en garde l'agence qui défend les intérêts des pays consommateurs de pétrole de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).  Dans le détail, la production devrait croître de 5,6 millions de barils par jour (mbj) jusqu'en 2022, dont 60% en provenance des pays non membres de l'OPEP. L'AIE l'anticipe une hausse moyenne de 1,2 mbj par an entre 2016 et 2022, soit une augmentation totale à 7,3 mbj à 103,8 mbj, dont l'Asie sera le principal moteur. Le rapport de l’AIE intervient quelques jours après que le Secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, M. Mohammad Barkindo ait déclaré que les pays de l’Opep ont enregistré un manque à gagner de 1.000 milliards de dollars en termes d’investissements dans le secteur pétrolier depuis 2014.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *