L’Armée rassure, Bouteflika persiste

C’est à une véritable cacophonie qu’on assiste en cette veille de la fête de la Victoire qui coïncide avec le 19 mars. Alors que le général de corps d’armée, Ahmed Gaid Salah « rassure » le peuple à partir de Bechar où il se trouve, le Président Bouteflika, dans une lettre lue en son nom, jette un pavé dans la marre et laisse supposer qu’il y a une mauvaise synchronisation dans la communication officielle des deux institutions, présidence de la République et MDN. La démission de la Directrice de communication de la présidence de la République, Farida Bessa qui aurait jeté l’éponge préférant quitter le poste qu’elle occupe depuis 2008, accentue encore plus le suspense. Y a-t-il rébellion ? Bouteflika aurait-il « osé » braver l’armée en maintenant sa position envers et contre tout puisque dans sa lettre le président dont le mandat se termine le 28 avril, insiste à vouloir mener l’opération comme il l’a prévu et se donner l’année qu’il a souhaité  contre la volonté de la rue qui lui demande depuis quatre vendredi de partir et que vient de conforter l’armée ? Une armée dont Bouteflika a tenu à « réduire » le rôle et glorifiant le peuple en déclarant qu’« il est vrai que l'Algérie est forte d'une Armée nationale populaire (ANP), digne héritière de l'Armée de libération nationale (ALN), une armée connue pour son haut niveau de professionnalisme et ses sacrifices exemplaires ». Usant de ce qui s'apparente à une ruse propre à lui, Bouteflika vantera le mérite du peuple duquel il dira qu’il «doit prêter main forte à son armée pour préserver l'Algérie contre les dangers extérieurs, et jouir de la quiétude et de la stabilité. »  Cette oxymore qui laisse croire à une tentative de mettre face à face la rue et son armée n'obéit à aucune logique et  ne répond pas aux exigences du fameux Hirak puisque dans sa lettre, Bouteflika maintient ses propositions que les Algériens rejettent et insiste sur le fait que  la mission de la Conférence nationale qu’il entend organiser « est d'autant plus sensible, que c'est à elle que revient la tâche d'émettre des décisions cruciales, à même d'opérer le bond qualitatif que réclame notre peuple, notamment les jeunes, un bond que cristallisera une révision constitutionnelle globale et profonde, laquelle sera soumise par référendum à l'approbation du peuple. Cette révision constitutionnelle préludera à un nouveau processus électoral qui verra l'élection d'un nouveau président ».  Bouteflika qui conclut que « tel est l'objectif suprême que je me suis engagé à concrétiser avant la fin de mon parcours présidentiel », parle de « parcours » plutôt que de mandat.

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