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PT : « La prolongation du 4e mandat travestit la volonté du Peuple »

Le Parti des travailleurs a dénoncé mardi dans un communiqué la prolongation du 4e mandat, estimant que celle-ci « traduit la volonté de travestir la volonté de l’écrasante majorité du Peuple ».  Le parti de Louisa Hanoune met également en doute la pertinence et la légitimité du processus de transition proposé par le Président de la République.
Vous pouvez lire ci-dessous l’intégralité du communiqué
Communiqué du Parti des Travailleurs
A l’issue de sa réunion quotidienne depuis le 22 février, le SPBP prend acte du retour du président de la république et des décisions qu’il a prises et comme première réaction déclare : Depuis le 22 février, des millions d’Algériennes et d’Algériens, manifestent pacifiquement posant comme revendication centrale le départ du système en place et de ses symboles et pratiques.
  • Toutes les catégories sociales s’organisent, la jeunesse et les larges couches qui se sont mobilisées par millions, ont commencé à donner un contenu politique et socio/économique à leur rejet du système en place, de son maintien par le subterfuge du 5e
Les travailleurs et syndicalistes se sont mis en mouvement pour se réapproprier l’organisation syndicale… pour pouvoir se défendre, pour l’exercice des droits syndicaux… La majorité s’est réappropriée les droits démocratiques à l’expression et de manifester pacifiquement confisqués depuis 1992… nous mettons en garde contre toute velléité ou tentation de les violer à nouveau. La réponse du président de la république, est-elle en phase avec l’aspiration profonde de la majorité du peuple ?
  • Le retrait de la candidature du président à un 5e mandat dont il s’est clairement et étrangement démarqué, et le report de l’élection présidentielle, aurait été un réel facteur d’apaisement, dans la mesure où cela aurait constitué une réponse positive à l’aspiration de millions d’Algériens.
Or la prolongation du 4ème mandat traduit une volonté de travestir la volonté de l’écrasante majorité du peuple de se libérer du système. En effet pour l’écrasante majorité du peuple, un 5ème mandat concentrait la volonté de maintenir le système politique en place, autoritaire et putréfié, un système hérité du système de parti unique et qui s’est mis au service de la minorité très riche, prédatrice, organisée en oligarchie.
  • La question de la souveraineté du peuple était au cœur de la mobilisation grandiose de l’écrasante majorité.
La question de l’Assemblé constituante nationale (ACN) a été posée dans la mobilisation comme l’instrument à même de garantir la souveraineté du peuple car permettant d’associer toutes les composantes de la société au débat et donc à l’élaboration de la nouvelle constitution, c’est-à-dire la définition de la forme et du contenu des institutions dont elle a besoin pour exercer sa pleine souveraineté. Par conséquent, la convocation d’une conférence nationale non élue, peut-elle incarner la volonté populaire ? Une telle conférence peut-elle s’auto-proclamer représentative, souveraine et être dotée de pouvoirs constituants sans mandat populaire ? Les partis et autres acteurs politiques qui font partie du système et donc sont co-responsables de l’impasse peuvent-ils faire partie de la solution, voire encadrer la dite conférence permettant par là même la reconduction du système décomposé.
  • En réalité selon la démarche du président, en attendant ladite conférence nationale auto-désignée, le même système politique totalement rejeté par la majorité continuera donc de sévir au compte de l’oligarchie prédatrice, des mafias, qui ruinent le pays.
  • Soumettre la nouvelle constitution élaborée par une conférence non légitime à référendum populaire, ne permettant donc pas d’influer sur le contenu car la majorité n’a pas été associée à son élaboration à travers la participation de vrais représentants élus, ne constitue-t-il pas une confiscation de la souveraineté du peuple ?
Décider aujourd’hui que les prochaines élections seront présidentielles, ne confirme-t-il pas que le peuple est exclu de la définition de la nature du régime à mettre en place. Plus clairement cela ne traduit-il pas la volonté de maintenir le même régime présidentialiste anti-démocratique ?
  • Le rejet du parlement croupion a été clairement exprimé dans la mobilisation, posant la question de la représentation politique, de la transformation de l’immunité en impunité et du mélange entre les affaires et les institutions… alors ce parlement peut-il continuer de légiférer ?
  • Les périodes de transition ont échoué partout dans le monde lorsque leur objectif était le replâtrage et donc le maintien de systèmes pourris, rejetés par la majorité. Dans certains cas, elles ont engendré des développements dramatiques voire des guerres civiles sanglantes.
En fait, il s’est agi, dans la majorité des cas, d’un effet d’illusionnisme, d’un leurre.
  • Le retrait de la candidature du président et le report des présidentielles peuvent être un facteur de préservation de la souveraineté nationale contre les ingérences étrangères et le chantage exercé par les grandes puissances à la condition qu’il ne s’agisse pas d’une manœuvre pour maintenir le système, faire gagner du temps à ceux dont il sert les intérêts. De plus les transitions ont toujours ouvert la porte aux ingérences étrangères.
  • En vérité, les décisions annoncées hier par le président, constituent une simple anticipation de sa lettre d’engagement comme candidat pour un 5e mandat, sans élection présidentielles remplacées par une prolongation de fait du 4ème Peut-on se retirer des élections tout en décidant de mettre en œuvre son engagement électoral alors que s’est opérée depuis le 22 février une modification radicale de la situation, de l’état d’esprit de l’écrasante majorité qui veut prendre son destin en main, rompre avec le système et donc le statuquo.
La démarche qui pouvait être acceptable il y a un an, se trouve totalement dépassée. Depuis le 22 février la majorité veut le départ du système maintenant.
  • Si le président veut réellement donner des gages de sincérité alors qu’il restitue la parole au peuple maintenant, qu’il nomme un gouvernement technique qui agit dans une totale transparence, composé de femmes et d’hommes probes et patriotes, capables d’être à l’écoute de la majorité, pour gérer les affaires courantes jusqu’à ce que la majorité tranche sur la nature du régime à mettre en place et donc le calendrier électoral.
  • Pour le PT, seule la poursuite de la mobilisation pacifique est à même d’empêcher toute manœuvre visant à contourner la souveraineté du peuple, à imposer la réalisation de tous ses objectifs démocratiques, économiques et sociaux.
  • Et tout comme la jeunesse et les larges couches ont su préserver la sécurité nationale et donc la souveraineté nationale par le caractère pacifique des marches, elles auront la force d’ouvrir de réelles perspectives à la nation.
Le Secrétariat permanent du Bureau politique Alger, le 12/03/2019

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